«Postédition», la mal nommée

23 janvier 2015

Le terme «postédition» est déjà fortement ancré au sens de «révision de traduction machine», et il faudrait un colosse pour le déraciner et le remplacer… par quoi, au fait?

La discussion semblait trop longue pour la communauté des terminologues, souvent coincée entre vitesse et paresse.

Des effets secondaires se font déjà sentir: des éditeurs appellent… «éditeurs» leurs réviseurs, voire aussi leurs correcteurs.

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Les mémoires

23 janvier 2015

En plus de penser au lecteur cible, le traducteur se demande maintenant: «Qu’est-ce que j’envoie dans cette mémoire qui sera utilisée par mes pairs?»


Mieux traduire « transcreation »

21 novembre 2013

Mieux traduire « transcreation »?

« Transcréation », ce n’est pas traduire.

Traduire, c’est créaduction.

Et c’est créaduire.

Yves Lanthier, trad. a.
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Le risque (Risk) — Anaïs Nin

30 octobre 2010

Le risque

Puis vint l’instant

pour le bourgeon

le risque

de l’éclatement

devint moins douloureux

que le risque

de ne jamais éclore

Risk

And then the day came

when the risk

to remain tight

in a bud

was more painful

than the risk

it took

to blossom

Anaïs Nin


Profession III — Financer Wikipédia : les associations de traducteurs

30 mars 2010

Il ne m’est pas encore arrivé d’envoyer une contribution financière personnelle à Wikipédia. Pour être franc, je voudrais que ce soit mon association de traducteurs qui contribue collectivement, et c’est avec le plus grand plaisir que j’accepterai d’en voir hausser la cotisation annuelle.

En faire la suggestion serait pour moi une importante raison d’aller à l’assemblée générale annuelle, mais souvent, un contretemps m’empêche de m’y rendre même si je m’y suis préinscrit.

Alors voici, j’en parle ici et j’envoie l’URL de Termexplore (le blogue) aux administrateurs.

Combien de fois par jour en moyenne le traducteur visite-t-il Wikipédia; sur ce nombre, combien de fois ne trouve-t-il pas une réponse «au moins utile» pour le travail en cours; et, quoi qu’il en soit, les visites à Wikipédia ne comptent-elles pas parmi les activités quotidiennes, ou presque, qui rendent son travail plus nourrissant et rafraîchissant.

Combien de fois ne revient-il pas rasséréné d’une diversion inspirée par une recherche d’abord directement associée à son travail.

Yves Lanthier, trad. a. (OTTIAQ)


Profession I — Les annuaires de traducteurs en ligne

12 février 2010

Une association de 2000 traducteurs se demande comment aménager son annuaire en ligne pour que les membres aient des chances égales d’être choisis par les donneurs d’ouvrage.

Poussés par un membre lésé dont le nom de famille commence par Z, la direction et les membres passent depuis des années des heures-personnes interminables, rémunérées, dans certains cas, à se pencher sur la question, ont déjà donné des milliers de dollars à une firme indépendante… Essayons.

L’une des difficultés, écrit un administrateur mandaté, est la suivante : «Certains domaines sont beaucoup pratiqués : plus de 1000 membres se disent spécialisés en communication et en administration, plus de 800 membres déclarent être compétents dans les domaines de l’économie, des finances, de l’informatique, des sciences humaines ou des sciences médicales… D’autres domaines plus pointus tels que les mathématiques, par exemple, affichent beaucoup moins de membres.»

Inspirons-nous de l’annuaire de l’American Translators Association (ATA) : https://www.atanet.org/onlinedirectories/individuals.php#translators (milieu de la page : Translators Search).

Exemple : la combinaison anglais > français dans le domaine «Business (General)» («All members», par défaut), donne 436 membres. L’annuaire de l’ATA affiche les résultats 50 par 50 sur une colonne.

Une page-écran standard pourrait facilement afficher six colonnes. Une spécialité comptant 1000 membres, disons en Helvetica Narrow 10 points, pourrait alors s’afficher sur deux pages-écrans. Des icônes avec notes de bas de page pourraient signifier «Interprète», «Traduction de documents officiels», «Membre étudiant»…

Par défaut, comme sur le site de l’ATA, la liste pourrait être aléatoire, mais l’utilisateur aurait la possibilité de cocher «Ordre alphabétique des noms de famille». Notre association pourrait ajouter «Tri inverse», et même, pourquoi pas, «Tri bidirectionnel à partir d’un point aléatoire de l’ordre alphabétique», puis «Retour à Aléatoire». Ici (au Québec), certains apprécieront peut-être que l’on puisse cocher «Par région».

Comme dans l’annuaire de l’ATA, chaque nom serait évidemment un hyperlien conduisant au profil du membre, détaillé à sa discrétion.

Yves Lanthier


Traduire « Invictus » de William Ernest Henley (1875), ce poème que relisait Nelson Mandela en prison

20 décembre 2009

Atteint de tuberculose osseuse à 12 ans, Henley a dû subir l’amputation d’un pied. Il a écrit le poème Out of the night that covers me sur son lit d’hôpital en 1875. Plus tard, un éditeur a intitulé le poème Invictus.

Ce poème a soutenu Nelson Mandela en prison. Clint Eastwood a réalisé un film sur Mandela en 2009. Le film porte le titre du réputé poème.

Parmi les commentaires sur le film, voir notamment http://nicerugby.blog.lemonde.fr/2010/01/17/invictus-du-reve-a-la-realite/.

Récité ici par le comédien Morgan Freeman http://www.youtube.com/watch?v=uZKjiYbeI7Q&feature=youtu.be

Invictus

Essai de version rimée et rythmée — Yves Lanthier, 2009 (original anglais à la fin)

De ces ténèbres si profondes

Qu’on en croirait l’enfer probable,

Je dis merci aux dieux du monde

De m’avoir fait l’âme imprenable.


Sous la rude fatalité,

Je suis resté stoïque et coi.

Sous le coup du sort irrité,

Marqué de sang, mon front est droit.


Ce lieu de révolte et de pleurs

Ferait craindre un futur atroce

S’il y avait en moi la peur,

Mais je ne trouve en moi que force.


Aussi étroit soit le chemin,

Aussi nombreuses soient les peines,

Je suis maître de mon destin,

De mon âme le capitaine.

L’article français de Wikipédia sur le poème contient quelques traductions, dont celle de la version française du film de Clint Eastwood http://fr.wikipedia.org/wiki/Invictus_(po%C3%A8me).

Invictus

William Ernest Henley, 1875

Out of the night that covers me,

Black as the pit from pole to pole,

I thank whatever gods may be

For my unconquerable soul.


In the fell clutch of circumstance

I have not winced nor cried aloud.

Under the bludgeonings of chance

My head is bloody, but unbowed.


Beyond this place of wrath and tears

Looms but the Horror of the shade,

And yet the menace of the years

Finds, and shall find me, unafraid.


It matters not how strait the gate,

How charged with punishments the scroll

I am the master of my fate:

I am the captain of my soul.