Traduction automatique

On voit en traduction ce que l’on voit un jour ou l’autre dans tous les secteurs d’activité : nous vivons une époque où l’excellent traducteur n’est plus seulement celui qui fait un meilleur travail que ses collègues : il est aussi celui qui se soucie de faire un meilleur travail que la machine, et qui tient compte du fait que la machine s’améliore. Comme dans tous les secteurs d’activité aussi, ce sera une époque de surprises, qui sera suivie d’autres.

Quand on parle de traduction automatique, je pense à peu près à ceci :

– Existe-t-il des phrases pour lesquelles il existe une seule traduction?

ou

– Peut-il exister des phrases pour lesquelles il existe une seule traduction?

Si on répond oui, on parle d’un très petit nombre de phrases de toute façon. Pour toutes les autres phrases, il y aurait cette autre question, à l’autre extrémité :

– Existe-t-il des phrases pour lesquelles il existe une infinité de traductions?

ou

– Peut-il exister des phrases pour lesquelles il existe une infinité de traductions?

Pour répondre à ces vastes questions, il faudra que l’homme et la machine collaborent… et encore, il restera un problème : c’est encore l’homme qui fabriquera la machine, la collaboration sera donc biaisée…

Or c’est le biais qui est difficile à traduire, c’est à cause du biais que seul l’homme est en mesure de traduire jusqu’ici, c’est à cause du biais que la traduction doit être faite non seulement par le traducteur, et non seulement par le traducteur expérimenté, mais surtout par le traducteur expérimenté qui fait partie d’une équipe… d’une équipe expérimentée s’entend.

Il faudrait donc commencer par imaginer une machine qui reproduit le travail d’une équipe expérimentée : produire plusieurs phrases parmi lesquelles choisir… « la moins pire », et pouvoir répondre aux questions du client.

Il faudrait donc aussi une machine à répondre aux questions…

Sera-t-elle plus complexe, moins complexe ou « aussi » complexe que la machine à traduire?

Et ensuite, il faudra une machine à collaborer qui saura faire communiquer la machine à traduire et la machine à répondre aux questions.

Sans compter qu’un jour le texte de départ sera peut-être rédigé par une machine, et les questions seront peut-être rédigées par des machines à poser les questions.

Et si l’on parle de traduction dans les deux sens, c’est encore pire.

Là il faudra (au moins) deux machines côte à côte connectées à peu près comme (au moins) deux hémisphères cérébraux. (Le cas échéant, il faudra remplacer le préfixe « hémi- ».)

Ce qui n’est pas nécessairement irréalisable.

Quoi qu’il en soit, et pour être franc, il y a certaines traductions que je laisserais volontiers à la machine.

Yves Lanthier

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