Les technologies et l’obligation de critiquer

Ici, un chroniqueur vedette a passé le tiers de sa carrière à critiquer les lampadaires « nouveau style » de la ville. Pourtant, ces merveilles ne donnent-elles pas du travail aux concepteurs et ingénieurs qui sortent de l’université (argument vrai), et ne font-elles pas leur petite part pour nous faire oublier le béton et autre grisaille (l’argument, le vrai)?

Fort heureusement, les livres que ce journaliste conseille sont toujours de bons livres, mais au fil du temps, il lui fut irrésistible de critiquer les logiciels « trop complexes pour rien », le cellulaire, le port du casque à vélo et même les contestataires.

À mon avis, ces critiques sont de l’ordre du « tout le monde le fait, même les psys » (p. ex. Anne Dufourmantelle dans En cas d’amour – Psychopathologie de la vie amoureuse, 2009, p. 129, Le portable, une histoire d’adultère).

Un autre chroniqueur-journaliste résume un livre qui critique la Toile (http://www.ledevoir.com/2009/03/28/242224.html). Lorsqu’on a un petit blogue traitant de langue et qu’un bon copain nous demande si l’on va exprimer une opinion sur le sujet, on dit merci d’avoir signalé l’article, et on dit oui on va écrire.

En attendant le Web 3.0 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_3.0), je crois que je résumerais à peu près comme suit une pensée de base à ce sujet : si l’enfant me dit « Papa, ou professeur, je crois qu’il y a une faute dans cet article de Wikipédia », ma réponse est la suivante : « Tu vois le bouton [modifier] ici? Tu cliques et tu peux corriger la faute. Cependant, ce serait mieux que tu m’en parles avant : il y a des fautes qu’on corrige et d’autres qu’on ne corrige pas ».

Si j’étais enseignant, l’un des travaux en classe, chaque session, consisterait à rédiger en équipe un article pour Wikipédia (je suis persuadé que beaucoup d’articles wiki sont rédigés de cette façon). Après quelques années, on pourrait publier un recueil, dont la révision serait confiée à une équipe éditoriale expérimentée, c’est-à-dire à un bon éditeur — qui, je l’espère, mais il ne s’agit pas d’un éloge, utiliserait la Toile pour faire connaître, pour vendre et pour distribuer l’ouvrage.

Yves Lanthier

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