politique, politiques (Le « Ménard », 2004 > 2006)

Selon la fiche du Grand dictionnaire terminologique (GDT) « policy > politique », dom. gestion, fiche 2/4, « terme recommandé par l’OQLF », le pluriel « politiques » (dom. gestion) est à éviter, mais une organisation peut avoir une politique de prix, une politique de marque, etc., donc plusieurs politiques.

Impossible de compter sur cette fiche pour dissiper toute confusion.

En cherchant des certitudes écrites, j’ai au moins trouvé un exemple à retenir pour un usage convaincant du singulier : « Administration désigne, aux États-Unis, l’entité qui regroupe le gouvernement comme tel et les conseillers engagés par le président pour le seconder dans l’élaboration de sa politique » (Clefs du français pratique (Termium), article « administration »).

Le Ménard(*) (policy > politique, dom. gestion) passe tout près de convaincre de s’en tenir au singulier, sauf qu’à la fin d’une énumération, on voit tout à coup le pluriel :

« … politique d’amortissement, politique de dividende, politique de marketing, politique de prix, politique de réapprovisionnement, politiques de contrôle. »

Il semble s’agir d’une évolution du Ménard, en fait, et c’est sûrement l’un de ces mouvements de l’usage vers la norme : l’énumération ci-dessus date de 2006, elle ne figure pas dans l’édition de 2004.

J’ai posé la question à l’un des auteurs : « Puis-je vous demander votre avis sur l’hypothèse exprimée [au paragraphe ci-dessus] : dire que le Ménard permet enfin d’élargir l’usage du pluriel de « politiques » serait-il trop présumer? »

Sa réponse fait chaud au cœur : « Vous avez raison. »

Noter que le Ménard est de ceux qui vont de l’avant en matière de normalisation de l’usage — voir les fiches « garage sale > vente de garage » du GDT ci-dessous qui, pour l’instant (décembre 2008), font conflit :

1. (OQLF, 2002)

an

garage sale (…)

fr

vente-débarras; éviter vente de garage.

2. (Fiche du Ménard versée dans le GDT, 2006)

an

garage sale (…)

fr

vente-débarras; syn. (…) vente de garage

(*) Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, édition de 2006 versée dans le GDT.

Contrairement à la majorité des ouvrages, le Ménard réhabilite aussi l’emprunt « carte d’affaires » : « Au Canada, sous l’influence de l’anglais, l’expression carte d’affaires est souvent utilisée [au sens de carte de visite, carte professionnelle, carte (business card)] ». Sur le terrain, je me rappelle avoir entendu le chef de service de traduction d’une grande entreprise de gestion utiliser l’expression dans un contexte de normalisation de l’usage, et ce, il y a plusieurs années.

Yves Lanthier

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