Password, dictionnaire « unibilingue »


Password, édition cartonnée 1989, réédité en poche en 2001, Modulo Éditeur, Mont-Royal, Québec.

««

We are proud to present to the French Canadian community the very first English learner’s dictionary designed explicitly for users whose native language is French.

Password is truly a user-friendly dictionary, and no preparation for its use is required.

»»

L’auteur du concept, Lionel Kernerman, parle de « semi-lingual approach to lexicography for foreign language learners » au sujet de ses dicos, dont le premier parut en Israël en 1986, version hébraïque d’un dictionnaire de l’anglais courant (http://kdictionaries.com/newsletter/kdn1-4.html).

« The term semi-bilingual was coined by Lionel Kernerman to describe the new lexicographic concept, for want of a better name for this hybrid dictionary » (ibid.).

L’expression « semi-bilingual » étant remise en cause, j’appellerais unibilingue(*) le dico Password, qui, dans l’ordre après l’entrée anglaise, donne la catégorie grammaticale (en anglais), une ou plusieurs définitions (en anglais), une ou plusieurs citations (en anglais), puis l’équivalent français usuel en fin de ligne après une puce (bien visible, en gras), le tout étant répété et numéroté s’il y a plusieurs acceptions, comme dans tous les dicos.

En deux mots, je crois à cette approche, même s’il lui manque deux choses pour que je l’utilise régulièrement :

> … être un véritable « dictionnaire de traduction », où il y aurait presque autant d’entrées que dans un Robert & Collins ou un Harrap’s usuel, donc qui serait au moins trois fois plus volumineux;

> … ou être un dictionnaire de traduction quelque peu spécialisé, qui existerait donc pour plusieurs domaines (informatique, santé, affaires…).

Le Password répond au moins en partie au vœu du professeur de traduction qui passe sa carrière à essayer de persuader ses élèves de toujours consulter en premier un dico unilingue en langue de départ, mais n’en persuade qu’une minorité (minorité qu’on peut toutefois lui souhaiter importante).

En fait, au moment où j’allais « plonger » pour connaître le Password davantage il y a quelques années, j’ai plutôt commencé à utiliser tous les jours le Guide anglais-français de la traduction de René Meertens, dont la philosophie est claire, bien assumée et, de toute façon, plus proche du métier de traducteur.

Demander au Meertens d’offrir des quasi-synonymes anglais, des définitions et des citations, ce serait lui demander d’être autre chose.

Mais on pourrait demander au Password de publier régulièrement des éditions enrichies. Il deviendrait alors un pont entre son lectorat cible d’origine (l’English learner) et le traducteur.

(*) Un auteur anglophone parle de « « bilingualised » dictionary » à http://kdictionaries.com/newsletter/kdn2-2.html.

Yves Lanthier

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